Inclusion dans le primaire : le recours aux TR pour cacher la misère
Article de SUD éducation 34
Vendredi 17 janvier 2025
Le rôle des professeur·es des écoles titulaires remplaçant·es (TR) est d’assurer le remplacement d’enseignant·es absent·es dans leurs classes. Mais de plus en plus souvent, iels sont aussi appelé·es sur des écoles pour d’autres missions, comme la passation d’évaluations nationales, décharger ponctuellement des directeur·ices, ou, de plus en plus souvent, le «renfort» dans des classes jugées difficiles.
Il arrive de plus en plus fréquemment que les TR soient appelé·es dans des classes où une Accompagnante d’Élève en Situation de Handicap (AESH) est absente. Bien que cela ne soit pas toujours présenté explicitement comme une mission de «remplacement d’AESH», c’est pourtant bien pour compenser cette absence que les TR sont envoyé·es.
Certaines circonscriptions recourent à ce procédé quand un·e AESH est absent·e depuis trop longtemps et que les parents de l’élève en situation de handicap censé·e être accompagné·e se plaignent, à raison, aux Inspections de l’Éducation nationale que les droits de leur enfant ne sont pas respectés. Parfois même, un·e TR est retiré·e d’une classe où iel remplace un·e professeur·e des écoles et doit se rendre dans une classe où ce n’est pas un·e enseignant·e, mais un·e AESH, qui est en arrêt de travail.
Cette situation met en lumière une réalité scandaleuse : il n’existe aucune brigade ou réservoir de remplaçant·es pour les AESH, alors qu’iels sont indispensables à l’inclusion des élèves en situation de handicap. Lorsqu’un·e AESH est en arrêt de travail, l’élève qu’iel est censé·e accompagner doit s’en passer. Quand il s’agit d’un élève jugé prioritaire, pour qu’il ne soit pas privé de « l’aide humaine individualisée » à laquelle il a droit, l’administration procède au réquisitionnement d’un·e AESH assurant « l’aide humaine mutualisée » auprès de plusieurs élèves… qui s’en trouvent privés.
La logique de mutualisation des « ressources humaines » est poussée à un point tel que le moindre arrêt de travail a inévitablement des répercussions catastrophiques sur l’inclusion des élèves en situation de handicap, dont les besoins ne sont pas pris en compte. Cela impacte également les classes et a de graves répercussions sur la qualité de vie au travail des personnels dans leur ensemble.
Il est inacceptable que le recours aux enseignant·es titulaires remplaçant·es devienne une solution pour masquer le manque de personnels AESH.
Pour que l’Éducation nationale applique vraiment les droits des élèves en situation de handicap, SUD éducation 34 revendique :
- Une quotité de temps d’accompagnement en fonction des besoins des élèves plutôt qu’en fonction des moyens dont dispose l’administration,
- La création de brigades de remplacement pour les AESH afin que la continuité des apprentissages soit assurée,
- Le recrutement massif d’AESH, à la hauteur des besoins,
- Et donc l’abandon des logiques de mutualisation des personnels AESH, que ce soit au travers des PIALS ou des PAS.
Inclusion dans le primaire : le recours aux TR pour cacher la misère