CSA-SD Carte scolaire du 18 juin 2026 : pas d’économies sur le dos des élèves les plus défavorisé·es !
Le CSA-SD carte scolaire pour le premier degré s’est tenu le jeudi 18 juin 2026.
Déclarations liminaires des syndicats et réaction du DASEN
Lire la Déclaration liminaire de SUD éducation 34 pour le CSA-SD du 18 juin 2026
Suite aux déclarations syndicales, Monsieur l’IA-DASEN a donné les positions de l’Administration.
Concernant la prise en compte des violences sexistes et sexuelles à l’école, il déclare leur intention d’aller plus vite et de faire en sorte que les victimes soient entendues, mais il a davantage insisté sur le fait qu’il arrive que des personnels fassent l’objet d’accusations que la justice ne valide pas.
Au sujet de l’uniforme à Béziers et du fait que des IEN interviennent dans l’organisation de leur distribution sans que le Conseil d’école n’ait statué à ce sujet, le DASEN répond qu’il s’agit de la démarche d’une commune auprès des familles et qu’il n’y a d’obligation ni pour les familles, ni pour les personnels.
Sur l’école pour toutes et tous
Le DASEN remarque que les attentes des organisations syndicales concernant l’école inclusive ne sont pas homogènes, et qu’elles peuvent même être opposées. Selon lui, le choix de société actuel est celui d’une école inclusive où l’on cherche à scolariser la majorité des élèves. La compensation du handicap au moyen du recrutement d’AESH n’est pas la seule réponse à l’inclusion. Il faudra aussi muscler l’adaptation, ce qui ne veut pas dire renoncer à la compensation.
Concernant les PAS, quoique l’Assemblée nationale ait retoqué le projet, à l’heure actuelle il est maintenu. Il ne prétend pas que tout va fonctionner parfaitement et que tout sera réglé grâce aux PAS, mais que ce dispositif permettra d’aller plus vite dans l’identification des problèmes et l’appui des familles dans leurs démarches. Cette fois encore, le directeur académique a assuré que le périmètre d’intervention des AESH ne sera pas élargi, et que pour deux PAS, même, il va être diminué (à Béziers) et qu’il n’y aura pas d’avenants aux contrats de travail des agentes, sauf sur Sète.
Par ailleurs, alors que les organisations syndicales avaient eu des remontées dans ce sens, le DASEN ne confirme pas le gel de postes de maitres G et cherchera à comprendre d’où vient cette information peut-être erronée.
Enfin, le DASEN met en doute le chiffre de 30 000 élèves avancé par l’un des syndicats présents qui n’auraient pas de place dans les établissements médico-sociaux . Les élèves notifiéé·es EMS ne sont pas accueilli·es en ULIS, qui ne sont pas compétentes pour assurer des missions médicosociales. Pour ces élèves-là c’est un aménagement de la scolarité qui est préconisé.
Sur le mouvement départemental
Concernant le fait que des IEN ont demandé à des collègues exerçant sur des dispositifs dédoublés (DD) d’annuler leur demande de temps partiel et ont même établi une charte relative aux dispositifs dédoublés alors que le Tribunal administratif a contraint la DSDEN de l’Hérault à retirer les DD des postes à exigences particulières en 2024 (voir la Décision du Tribunal administratif de Montpellier du 18 mars 2024 opposant SUD éducation Hérault et DASEN de l’Hérault), le DASEN a déclaré qu’il n’y avait aucune consigne de la DSDEN allant dans ce sens.
Sur le fait que notre département a le taux de satisfaction le plus bas de France concernant (entre autres !) les recours pour mutations, le DASEN répond qu’alors qu’il y a une convergence très forte des demandes sur le secteur montpelliérain, il faut pourtant qu’il y ait des enseignant·es sur l’ensemble du territoire. Que si le taux de satisfaction ne s’améliore pas après le passage de trois DASEN, c’est sans doute parce que les caractéristiques du département ne le permettent pas. L’objectif, pour lui, n’est donc pas d’améliorer ce taux de satisfaction mais de faire en sorte que les règles d’équité soient respectées.
Décisions relatives à la carte scolaire pour la rentrée 2026
Dans les documents préparatoires à cette séance, le DASEN avait prévu :
À l’issue de la séance, il a décidé
D’annuler encore trois fermetures à :
L’analyse de SUD éducation 34
Toutefois c’est avec un très grand malaise que notre syndicat a quitté cette séance de CSA.
À cela s’ajoute que 12 familles de la Cité Gély sont en cours d’inscription (repérées par la médiatrice scolaire qui les accompagne dans les démarches d’inscription à la mairie) et qui ne sont pas encore enregistrées dans ONDE. La différence d’effectif est donc en réalité de + 34 élèves et non de + 22 !
Une grande campagne de repérage des enfants de familles gitanes du quartier non scolarisés est en cours de réalisation par tous les acteurs du territoire, il est même probable que des inscriptions se feront après la phase d’ajustement et en septembre. Si la classe ferme, et que les familles ne peuvent pas inscrire leur enfant à Docteur Roux, on court le risque qu’elles ne les inscrivent pas dans une autre école.
La maternelle Docteur Roux accueille un public spécifique dont le lien avec l’école est fragile et nécessite un suivi et un accompagnement accrus dans le parcours de scolarisation de leur enfant. C’est le même public qu’à l’école élémentaire Frédéric Bazille qui lui est rattachée, et pour les mêmes raisons la maternelle ne peut pas fonctionner efficacement sur les moyens d’une école ordinaire, ce qui est admis pour l’école élémentaire attenante, puisque de la décharge exceptionnelle lui a été attribuée, et même un poste supplémentaire, au titre des écoles dites « orphelines ».
Jeudi 25 juin : Mobilisation et CSA de repli
Jeudi 25 juin, le matin, une petite centaine de personnes s’étaient réunies devant l’école du Docteur Roux à Montpellier, pour un rassemblement/petit-déjeuner : des parents, des habitant·es du quartier, des élu·es de l’opposition, mais aussi de la majorité de la ville de Montpellier, des représentant·es syndicales, des enseignant·es du collège Fontcarrade, qui fait partie du même quartier et du même bassin pédagogique. Il y avait aussi la députée Nathalie Oziol. Les prises de parole ont pointé le fait que cette fermeture était injustifiée au vu des effectifs et des difficultés du quartier. Que fermer une classe était mettre cette école encore plus en difficulté qu’elle ne l’est déjà et saboter le travail de lien social de longue haleine réalisé par les enseignantes, la médiatrice scolaire et les familles. Que c’était ghettoïser cette école. À l’issue de ce rassemblement, le Maire Mickaël Delafosse a fait savoir qu’il avait écrit une lettre au DASEN pour lui exprimer son opposition à cette fermeture.
Pourtant lors du CSA de repli du jeudi 25 juin, monsieur l’IA-DASEN a refusé de modifier son projet. Pourtant les syndicats ont beaucoup argumenté pour plaider en la faveur d’écoles, dont Docteur Roux et Langevin, qui ont à la fois les IPS les plus bas du projet et les effectifs les plus chargés (des classes à 29). Le DASEN préfère attendre septembre pour rouvrir, après avoir compté les élèves, au cas où il y aurait de la perte d’ici-là. Une fuite vers le privé ? (quelle aubaine !) des élèves inscrits en mairie mais dont l’inscription aura été impossible à l’école à cause des effectifs ?
On peut encore espérer que monsieur l’IA-DASEN acceptera d’entendre raison lors du CDEN du mardi 30 juin.