Déclaration liminaire de SUD éducation 34 au CSA-D DHG du 12 février 2026
éducation veut tout d’abord apporter son soutien à l’enseignante d’Arts plastiques de Sanary-sur-Mer, qui a été poignardée par un élève. Déclarer en 2025 la santé mentale comme « grande cause nationale » ne suffit pas à dissimuler les conséquences de la baisse drastique des moyens tant en ce qui concerne les services de psychiatrie que la protection de l’enfance, dans un monde devenu de plus en plus insécurisant pour les nouvelles générations.
Les suppressions de postes dans l’Éducation à l’échelle nationale et dans notre académie participent de ce même choix politique d’entraver l’avenir des enfants, et en particulier des classes populaires, plutôt que de taxer les plus que riches. Les mobilisations dans différentes écoles et établissements aujourd’hui montrent la colère des personnels vis-à-vis de cette dégradation du service public d’éducation.
Un gouvernement préoccupé par le devenir des enfants n’utiliserait pas l’argument de la baisse démographique pour justifier les nouvelles suppressions de postes votées lors du Budget, ni les baisses de DHG. Dans notre département nous avons perdu l’équivalent de la DHG d’un collège (53800h / 53200h = 600 h). Maintenir les moyens aurait permis d’offrir un cadre scolaire davantage tourné vers la réussite de tous et toutes, la lutte contre la difficulté scolaire et la construction d’une école réellement inclusive. Ces suppressions de postes interviennent alors même que nous manquons de personnels remplaçants. Le nouveau système de gestion destiné à masquer ce manque va surtout dégrader les conditions de travail et la qualité du remplacement.
Les collèges se voient de nouveau confrontés à gérer cette indigence de moyens et ne peuvent mettre en place les outils nécessaires pour favoriser la réussite des élèves et alléger les conditions de travail. On n’en prendra qu’un seul exemple : la possibilité ou non de créer des groupes sans passer par des organisations alambiquées ou en sacrifiant certaines matières comme la technologie. La situation de Gérard Philipe dont l’ouverture d’une 3ème est prévue sans tous les moyens nécessaires, est ainsi significative.
La non révision de la carte d’éducation prioritaire participe de ce manque d’ambition et de moyens pour les secteurs les plus en difficulté. Le plan des 800 collèges dit avant tout le refus du gouvernement de donner des moyens équitables à tous les établissements confrontés à une précarisation galopante de la société. La grosse variation de HSA sans ouverture ni fermeture dans des collèges en éducation prioritaire en est un autre indicateur, comme à Paul Riquet, Krafft, ou les Garrigues.
Nous attirerons votre attention, Monsieur le DASEN, sur la situation de plusieurs collèges : Dardé à Lodève et la nécessité d’ouvrir une sixième 3ème ; Olympe de Gouges qui perd une 5ème ; Fontcarrade qui demande à passer en éducation prioritaire et a un ratio d’élèves élevé en 6ème ; enfin Clermont l’Hérault dont le taux d’encadrement est insuffisant au vu de l’IPS très faible du collège et ne peut que favoriser la fuite des élèves vers l’établissement privé. Nous nous interrogeons également sur les ratios d’élèves en 6ème et 5ème dans le nouveau collège de Juvignac.
Enfin, Monsieur le DASEN, nous espérons fortement avec les autres organisations syndicales que le dialogue social va pouvoir être maintenu dans cette instance. Nous avons été très indigné·es d’apprendre que la DHG concernant les lycées généraux et technologiques n’avait pas été communiquée en CSA académique, en arguant de considérations juridiques qui ne semblent pas relever d’un attachement au dialogue social. Il serait dommageable que nous soyons contraint·es d’en référer à la CADA pour non communication de documents. Nous demandons donc aux services concernés de communiquer même tardivement ces documents aux représentant·es du CSA-Académique.
Nous vous rappelons par ailleurs que les représentant·es doivent être informé·es des heures spécifiques allouées à chaque établissement. Nous avions demandé également l’an passé de nous fournir une courbe comparative sur l’évolution du nombre de postes et de BMP, ce que Madame la DASEN avait accepté.
Enfin nous espérons que contrairement à l’an passé des décisions positives vont être prises suffisamment en amont plutôt que de privilégier des ouvertures tardives qui demandent aux EPLE de revoir toute leur organisation au dernier moment.