Pour une école respectueuse de nos élèves!

Le SNALC propose en mars une formation syndicale “Élèves à troubles du comportement. Gérer, prévenir et se protéger professionnellement”.
Au programme, des “outils pratiques pour les juguler” ou encore les “sanctions possibles” pour les élèves handicapé·es.
Nous considérons choquant l’emploi de tels termes pour désigner une quelconque action envers nos élèves.
“Juguler” signifie enrayer, étouffer, arrêter le développement. On jugule par exemple une maladie. Ce vocabulaire revient à considérer que les élèves “à trouble du comportement” constituent des éléments extérieurs indésirables, des menaces pour les personnels et à ce titre doivent être non pas éduqué·es comme leurs camarades mais maté·es ou exclu·es du milieu scolaire ordinaire. SUD éducation refuse cette stigmatisation des élèves en situation de handicap, qui revient à leur refuser le statut d’élève pour les réduire à des dangers.
De plus, le mot « juguler » et l’imaginaire violent qu’il convoque nous paraissent dangereux en ce qu’ils promeuvent un recours à la violence pour répondre à la souffrance de personnels démunis face à des élèves qu’ils ne parviennent plus à prendre en charge. Nous rappelons qu’en son sens étymologique, « juguler » signifie « égorger ».
SUD éducation promeut une école réellement inclusive et antivalidiste, qui accorde à l’ensemble des enfants le statut d’élève plutôt que de stigmatiser et rejeter une partie d’entre elles et eux.
SUD éducation dénonce la situation actuelle d’une inclusion sans moyens, qui peut être violente pour tou·tes : personnels, élèves et parents d’élèves. Plutôt que de rendre les élèves responsables de cette situation et d’appeler à les sanctionner ou les mettre à l’écart, exigeons les moyens de garantir le droit à la scolarisation de tou·tes les élèves et des conditions de travail satisfaisantes pour l’ensemble des personnels.
SUD éducation revendique :
- une véritable formation initiale et continue à l’inclusion scolaire adaptée aux besoins des élèves et des personnels avec des temps de co-formation et de concertation pour tous les personnels,
- des moyens pour accueillir et répondre aux besoins de tou·tes les élèves, qu’importe leur situation scolaire, sociale, administrative, leur origine ou leur handicap… sur tout le territoire,
- du temps de concertation hebdomadaire institutionnalisé et consacré à l’inclusion des élèves à besoins particuliers,
- la création massive de postes d’AESH, de RASED, de personnels médico-sociaux, d’enseignant·es, de CPE et de personnels de Vie scolaire et d’interprètes,
- le transfert des moyens du médico-social des établissements vers l’école,
- la création d’un vrai statut de la Fonction publique d’éducateur·ice scolaire spécialisé·e pour les AESH,
- la baisse des effectifs par classe,
- l’adaptation des bâtiments et du matériel scolaire.