Audience de rentrée : canicule, accessibilité, stagiaires, AESH, EVAR
Vous trouverez ci-dessous un compte-rendu de l’audience de rentrée de SUD éducation académie de Montpellier auprès du cabinet de Mme la Rectrice le vendredi 26 août 2026. Vous y trouverez des éléments sur les sujets suivants :
1) Plan canicule
2) Plan accessibilité du bâti scolaire
3) Rentrée des stagiaires
4) Intervention du planning familial et des autres associations dans les écoles de l’académie
5) AESH et Sig 66
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Comme à chaque rentrée scolaire, Mme la Rectrice reçoit en audience chaque organisation syndicale représentative pour entendre ses questions et revendications et apporter des réponses.
Cette année, SUD éducation n’aura pas eu l’honneur de ce rendez-vous de dialogue social avec Mme la Rectrice. Notre délégation, qui devait être reçue à 18h le vendredi 26 août, ne l’a été qu’à 19h20 et Mme la Rectrice s’est excusée d’avoir une « urgence » à gérer. SUD éducation a donc rencontré Mme Chazal, Secrétaire générale ainsi que M. Barbet, Directeur de cabinet de la rectrice. Nous espérons que l’urgence qui a empêché Mme la Rectrice de nous recevoir ne l’aura pas trop occupée en cette première soirée de week-end, contrairement à l’audience tardive qui nous a retenues au rectorat jusqu’à 20h passées.
Vous trouverez ici le détail des revendications et questions portées par SUD éducation lors de cette audience : Déclaration SUD audience 26 août 2026
Voici ci-dessous les réponses apportées sur les différents sujets que nous avons choisi d’aborder au cours de cette audience :
1) Plan canicule
SUD éducation a interrogé l’administration sur les mesures de prévention et rénovation du bâti scolaire en vue d’anticiper les prochaines canicules ainsi que les prochains froids hivernaux. SUD éducation a rappelé sa revendication d’un grand plan de rénovation du bâti, incluant également des actions d’accessibilité, d’isolation et de désamiantage. Nous savons en effet que les canicules vont se poursuivre et se multiplier, les consignes de bon sens et l’adaptation des horaires des examens ne suffiront pas à prévenir les scandales sanitaires.
M. Barbet, directeur de cabinet, nous a répondu que depuis 2 ans la rénovation climatique est devenue une priorité pour les collectivités et le rectorat. Les conseillers de prévention sont chargés de faire un diagnostic avec les écoles et établissements scolaires. Les IEN sont chargés de faire du lobbying auprès des municipalités pour les rénovations. Les municipalités qui ont peu de moyens sont encouragées à mettre en place, comme à Montpellier, une salle rafraîchie dans chaque école pour le printemps 2027. Les DASEN contactent les présidents départementaux qui donnent des conseils pour prioriser les collèges à rénover. Le rectorat est en contact avec la région pour prioriser les lycées. Il y a un travail avec la préfecture pour que les subventions de l’État soient fléchées en priorité sur la rénovation thermique des établissements scolaires. Le rectorat travaille afin que tous les fonds pour travaux soient utilisés et que toutes les subventions existantes soient sollicitées.
SUD éducation attend de voir comment ces engagements seront tenus, dans un contexte d’austérité budgétaire qui a appauvri les collectivités locales, et suite à l’annonce d’une coupe de 40 millions d’euros dans le budget de l’État pour la rénovation du bâti scolaire.
SUD éducation invite l’ensemble des personnels à relever les températures et à signaler les situations de mise en danger des personnels et des élèves en raison de la chaleur dans les établissements scolaires. Vous trouverez nos ressources syndicales ici : https://sudeducation34.org/canicule-dans-les-ecoles-et-etablissements-outils-syndicaux/.
2) Accessibilité du bâti scolaire
SUD éducation a rappelé la nécessité de rendre les bâtiments des établissements scolaires accessibles à toutes et tous. Il y a actuellement de gros problèmes tant au niveau des enseignants bénéficiant d’une RQTH ayant des difficultés dans les déplacements ou souffrant d’une affection de la vue, qu’au niveau des élèves en situation de handicap notamment ceux porteurs de handicaps visuels ou moteurs. Il est pour nous urgent d’entamer ce chantier, plus de 21 ans après la promulgation de la loi du 11 février 2005.
Mme Chazal, Secrétaire générale, nous a répondu qu’il s’agissait d’une obligation réglementaire et que tous les lycées étaient normalement accessibles. Elle a rappelé que les collectivités territoriales sont responsables des aménagements de mise en accessibilité des bâtiments scolaires (ascenseurs, rampes etc…). Le rectorat lui, prend en charge l’adaptation des postes de travail des personnels ayant une reconnaissance RQTH. Pour toute demande de ce genre contacter Mme Valette, correspondante handicap de la division accompagnement du personnel. Dans le cas des élèves en situation de handicap à mobilité réduite, des classes fixes sont tout à fait possibles dans le secondaire, c’est aux chefs d’établissement d’organiser cet aménagement.
3) Rentrée des stagiaires
SUD éducation a fait remonter plusieurs problèmes concernant cette rentrée des stagiaires :
– des affectations trop éloignées du domicile, davantage que les années précédentes, et alors même que des postes berceaux plus proches sont restés vacants
– des services non adéquats aux consignes : avec plus de deux niveaux et des classes à examen
– l’absence d’exonération des frais d’inscription à la FDE pour les stagiaires en M2 MEE, avec un paiement attendu pour le 15 septembre : il y a une iniquité entre les stagiaires sur ce plan, et des difficultés financières car le paiement est attendu avant la réception de la paye de septembre. Nous avons demandé que les stagiaires en M2 MEE soient, comme les autres, exonérés des frais d’inscription
Mme Chazal nous a répondu :
– que les stagiaires se trouvant dans des situations familiales graves pouvaient envoyer un recours concernant leur affectation, en mettant Mme Chazal, secrétaire générale, en copie
– que les problèmes de services étaient dus au fait que cette année il y a beaucoup de stagiaires et que les chefs d’établissement ont peut être fait des erreurs. Les stagiaires à mi temps qui auraient des services inadaptés sont invités à écrire à Mme Chazal, secrétaire générale. Elle verra avec les chefs d’établissements et IPR ce qu’il est possible de faire
– Concernant l’exonération des frais d’inscription en M2 MEE, Mme Chazal nous a dit que certaines facultés avaient pu faire une exonération mais que ce n’était pas un droit. Elle a conseillé aux stagiaires concernés d’écrire directement à la FDE pour demander un report du règlement des frais d’inscription après la réception de leur 1ère paye, par exemple au 1er octobre.
SUD éducation engage les stagiaires concerné·es par ces problèmes à faire les recours nécessaires en mettant le syndicat en copie (syndicat@sudeducation34.org). Nous invitons les stagiaires qui rencontrent des difficultés, quelles qu’elles soient, en cette rentrée, à nous contacter pour être accompagné·es. Nous continuons de revendiquer, au-delà de la gestion au cas par cas :
– des affectations cohérentes et conformes aux situations particulières, permettant aux stagiaires d’envisager plus sereinement leur année de stage
– des services avec au maximum 2 niveaux et sans classe à examen dans le 2nd degré
– une exonération des frais d’inscription pour l’ensemble des stagiaires
4) Intervention du planning familial et des autres associations dans les écoles de l’académie
SUD éducation a une nouvelle fois demandé à Mme la Rectrice de revenir sur sa décision d’interdire les interventions d’associations et notamment du planning familial dans les écoles dans le cadre de l’EVAR. Cette interdiction injustifiée alimente la panique morale réactionnaire autour de l’EVAR et prive les élèves d’interventions nécessaires dans un contexte où peu de personnels de l’éducation nationale sont formé·es pour mettre en place des séances d’EVAR. La dernière circulaire du 24 août 2026 précise que les associations agrées peuvent former les personnels et intervenir auprès des élèves, ce qui vient contredire la décision de la rectrice de l’académie de Montpellier.
M. Barbet, directeur de cabinet de Mme la rectrice, nous a répondu que le rectorat n’avait pas de problème avec le planning familial. Il a justifié l’interdiction des associations par un risque de dérive sectaire, qui aurait été constaté deux fois au sein de notre académie (par exemple, une intervenante d’une association aurait parlé de ses séances de sophrologie à des élèves). Le fait que les enseignant·es ne soient pas encore formé·es les empêcheraient de repérer d’éventuels discours non conformes au programme d’EVAR. La rectrice ne serait pas fermée à l’idée d’un retour des associations une fois que tous les personnels auront été formés. Et compte demander une accélération du programme de formation des personnels sur l’EVAR et l’EVARS.
SUD éducation continue de considérer cette interdiction comme inacceptable. Deux incidents au sein de notre immense académie ne sauraient justifier la mise à l’écart de l’ensemble des associations agréées. Nous continuons de revendiquer la formation de l’ensemble des personnels de l’éducation nationale, mais aussi la poursuite des indispensables partenariats avec les associations compétentes comme le planning familial. C’est précisément maintenant, alors que si peu de personnels sont encore formés, que la présence des associations est indispensables pour assurer la prévention des violences faites aux enfants.
5) Revendications AESH et service SIG AESH
SUD éducation a posé une série de questions auxquelles a répondu Mme Chazal, secrétaire générale.
Voici les réponses qui ont été apportées :
– Aucune réponse sur la revalorisation de la grille indiciaire des AESH ni sur la subrogation, qui sont gérées au niveau national
– Concernant les demi journées de fractionnement : celles-ci sont déduites des heures annuelles, ce qui serait favorables aux AESH dont le service est donc réduit. Pour les contrats à 1607 heures annuelles, les demi-journées devraient pouvoir être posées à la demande des concernés. Mme Chazal va se renseigner sur ces cas précis et faire remonter à la Rectrice notre demande de les rendre possibles pour tous les AESH.
– Cette année 53 AESH seront recrutées pour toute l’académie et 16 AESH déjà en poste se verront étendre leur quotité pour couvrir la pause méridienne.
– Concernant les licenciements pour inaptitude définitive, Mme Chazal s’est engagée à se mettre en contact avec le directeur général des ressources humaines pour voir comment anticiper mieux ces situations et accompagner davantage les personnels avant d’en arriver là.
– Concernant les convocations aux formations, Mme Chazal va se mettre en contact avec l’EAFC pour voir si les convocations peuvent être envoyées directement aux agents, en plus d’être envoyées à leur hiérarchie. Mais la participation aux formations reste conditionnée à l’accord de la hiérarchie.
– sur la communication aux AESH de leur affectation, chaque collègue sait déjà à quel PIAL ou PAS il ou elle est affecté·e. Mme Chazal va voir avec les coordo PIAL s’il est possible de répartir les AESH en juillet sur les élèves déjà notifiés et de planifier les entretiens famille/AESH/direction/enseignant·es avant les rentrées scolaires pour les notifications individuelles.
– la procédure de demande des aides sociales académiques a été simplifiée l’année dernière, maintenant tout se fait en ligne.
– pour Mme Chazal, le service SIG AESH est très bien doté en nombre de personnels, et il n’y aurait pas de problème de surnombre de dossiers par gestionnaire. Le logiciel de paye n’a pas été conçu au départ pour les contractuels mais pour les fonctionnaires, ce qui complique un peu certaines manipulations, mais c’est un très bon logiciel et maintenant tous les gestionnaires ont été formés. Il ne devrait plus y avoir de problèmes liés aux passages en CDI.
Pour SUD éducation :
– il est anormal que seulement 53 AESH soient recrutées dans notre académie en cette rentrée, ce qui ne couvre même pas les différents départs (licenciement pour inaptitude, démission, retraite).
Nous faisons donc une rentrée dans des conditions de pénurie plus grave encore de celles de la rentrée 2025. SUD éducation invite les équipes à faire remonter toutes les situations de notification non appliquée et à se mobiliser pour exiger le recrutement d’AESH à hauteur des besoins.
– il est scandaleux que la revalorisation des salaires des AESH et la subrogation soient toujours au point mort
– il est nécessaire que les AESH qui le souhaitent puissent utiliser des demi-journées de fractionnement, comme dans d’autres académies, afin de ne pas perdre une journée entière de salaires pour un rdv médical
– le droit à la formation des AESH ne doit pas être conditionné aux nécessités du service, pas plus que celui de l’ensemble des personnels qui est attaqué depuis plusieurs années
– un véritable accompagnement médical et RH doit être assuré afin de permettre aux AESH de poursuivre leur travail et prévenir les situations d’inaptitude, qui conduisent chaque année à de nombreux licenciements
– il est nécessaire que tous les personnels du service SIG AESH puissent être CDI, et de répondre aux revendications des personnels de ce service afin que les conditions de travail s’améliorent, qu’il n’y ait plus de personnels conduits au burn out, et que les AESH ne soient pas elles-mêmes mises en difficulté concernant leur paye et leurs différentes démarches administratives.