Que faire pour aider nos élèves et leurs familles à la rue ?
D’après le baromètre des enfants à la rue (UNICEF et FAS), à la veille de la rentrée scolaire 2025, au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115. Malgré les promesses répétées des gouvernements successifs, la situation s’aggrave année après année. Ces chiffres marquent en effet une augmentation du nombre d’enfants sans solution de 6% par rapport à 2024 et de 30% depuis 2022, année où le gouvernement s’était engagé à atteindre l’objectif du « zéro enfant à la rue ». (1)
En juin 2025, à Montpellier, 200 enfants vivent dans des conditions indignes. Parmi eux, 80 dorment à la rue. (2)
Pourtant, la loi est claire : toute personne en détresse doit être hébergée. C’est une obligation de l’État.
Cette situation est intolérable. Dormir à la rue isole les enfants, les écarte du système scolaire et, dans le pire des cas, tue. L’accès à l’éducation est un droit fondamental et doit pouvoir être accessible à tous et toutes dans des conditions décentes. Des élèves sans toit ou menacé·es d’expulsion ne bénéficient pas d’une scolarité comme les autres enfants. L’absence de domicile fixe a un impact sur la santé mentale de l’élève (mal-être, sommeil, estime de soi, alimentation, stress). Cela peut provoquer des troubles de l’anxiété, de la dépression et des troubles de l’humeur.
Afin de permettre à ces élèves de suivre dans de meilleures conditions, leur scolarité, SUD éducation se mobilise aux côtés d’associations et de collectifs afin de faire respecter les droits de tous les enfants. Localement, SUD Education 34 soutient « un toit, un avenir » qui réunit des organisations montpelliéraines, unies face à l’urgence des familles en situation de rue.
(1) Communiqué UNICEF France du 28 août 2025, 2 159 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée scolaire :
(2) « 80 enfants à la rue, Réagissez ! : des associations alertent sur la détresse de familles en errance à Montpellier» article du Midi Libre du 9 septembre 2025
AVOIR UN TOIT, C’EST UN DROIT !
Le droit au logement : un droit « matriciel »
Les textes juridiques internationaux comme nationaux garantissent un ensemble de droits aux enfants dont le droit au logement. Les textes reconnaissent le droit d’avoir un logement, de le choisir et de le garder. Le droit au logement est un droit opposable. Au niveau international, quelques textes fondateurs peuvent être cités :
- l’article 27-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) reconnaît le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social ;
- la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a affirmé dans un arrêt de 1986 que le logement est un besoin primordial (CEDH 21 févr. 1986, James c/ R.U., req. n° 8793/79). Le droit au logement est un droit fondamental de toutes personnes dont l’enfant ;
- l’article 34 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne affirme que toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit à une aide au logement.
Le Conseil constitutionnel a considéré en 1995 que la possibilité de disposer d’un logement décent était un objectif de valeur constitutionnelle (décision n° 94-359 DC du 19 janvier 1995).
Le droit au logement constitue un droit socle permettant l’exercice de plusieurs autres droits dont ceux à la santé, la sécurité, la scolarité, etc. De ce fait, il est un « droit matriciel », autrement dit un droit « créance ».
Dans nos écoles et établissements, comment venir en aide aux familles à la rue ou mal-logées ?

Pistes d’actions possibles
Un Toit, un Avenir et SUD Education pourront aider :
- en centralisant les informations, et en établissant les besoins immédiats (logement, nourriture, vêtements, soins médicaux, scolarisation des enfants).
- en accompagnant la famille et/ou les personnes aidantes proches de cette famille, et en constituant des équipes de soutien.
- en apportant une aide pour faire les démarches administratives et institutionnelles si elles n’ont pas été faites (inscription et suivi scolaire …)
- en apportant un soutien psychologique et social en mettant en relation avec des professionnels ou des associations pour une prise en charge adaptée (Assistant·es Social·es, psychologues, association spécifique …); organiser des activités conviviales pour favoriser l’intégration et créer du lien social.
- en organisant de la solidarité :
- Alerter les parents d’élèves si la famille donne son consentement,
- Éventuellement, lancer une cagnotte de soutien pour faire face aux besoins les plus urgents : nuits d’hôtel …
- Si besoin, organiser des collectes : besoins matériels de première nécessité …
- en organisant la mobilisation pour peser sur les pouvoirs publics :
- Distribution de tracts, affiches,
- Mise à disposition des outils syndicaux ( sono …)
- Manifestations, rassemblements de soutien …
Ne reste pas seul·e !
N’hésite pas à t’informer et à nous contacter si tu as besoin d’informations.
Si tu as un peu de temps, tu peux rejoindre le collectif, nous avons toujours besoin de bénévoles !
SUD Education 34 et Un toit un Avenir t’informeront des besoins de solidarité et nous te remercions d’avance de ta générosité !
